Pourquoi s’impliquer

Le Sénégal, comme de nombreux pays dans le monde, utilise des technologies de surveillance numérique pour surveiller les personnes infectées par le coronavirus (COVID-19) et identifier les cas contacts.
A cet effet, les dispositions légales qui peuvent être utilisées par le gouvernement pour justifier la mise en œuvre de solutions numériques ne manquent pas.
Malgré que le nombre de personnes porteuses du virus augmente de jour en jour, il n’existe à ce jour aucune information officielle du gouvernement du Sénégal confirmant l’utilisation de ces technologies numériques.
Toutefois, la publication par le ministère sénégalais de la Santé du nombre de cas de contact identifiés et suivis révèle que la stratégie de recherche numérique des contacts a été adoptée par les autorités.
En effet, il est impossible d’identifier les personnes qui ont été en contact avec des personnes porteuses du virus dans un environnement public sans l’utilisation d’une technologie de surveillance numérique.
Une telle situation soulève des inquiétudes quant à un système de collecte et de traitement des données personnelles des citoyens à des fins de santé publique, à leur insu, sans leur donner aucune information, ni sur la technologie utilisée, ni sur son impact sur les droits humains. Un manque de transparence du gouvernement du Sénégal.
Il nous faut donc être particulièrement vigilant pour limiter le potentiel intrusif de ce système de surveillance numérique opaque pour préserver l’équilibre entre les droits individuels et l’intérêt général et surtout éviter le risque d’entrer dans une nouvelle ère de surveillance numérique invasive des citoyens.
Par conséquent, il est nécessaire de construire au Sénégal une forte coalition avec les organisations des droits de l’homme, des droits numériques, les médias locaux et d’autres organisations de la société civile qui soit capable de relever le défi du renforcement des droits à la protection des données dans la lutte contre la COVID-19.